Je suis heureuse d’annoncer que, convaincue par ma mère et par mon amie Floy, ce midi j’ai réservé trois nuits dans une chambre d’hôtel à Downtown – un hôtel que je connais déjà pour y avoir séjourné en octobre 2024. C’est donc soulagée, légère et même joyeuse que je me suis lancée cet après-midi dans ma dernière promenade à SM. Ce matin, j’avais poursuivi mon exploration de Venice en courant. J’étais tombée sur Frank Gehry, dont ce bâtiment est le seul que je n’aie pas en horreur ; il ne sert à rien, ok, mais le Walt Disney Concert Hall est un carrément un bubon sur l’ancien Bunker Hill de Downtown.

J’avais sillonné les contre-allées miteuses si typiquement américaines

dont Speedway, où commence une scène de mon roman,

et j’avais pu voir la promenade avant l’ouverture des échoppes – notez que MF Doom est aussi présent sur les fresques que Tupac, alors qu’il n’était pas d’ici.

Cet après-midi, je me suis fixé pour objectif d’aller voir la maison de Buckaroo Banzai dans The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension, le film de W. D. Richter sorti en 1984 que, malgré son manque criant de personnages féminins, j’ai beaucoup aimé (l’un des bébés pumas de mon roman lui doit en partie son nom).

Je suis contente que les vrai-es habitant-es de la maison ne m’aient pas abattue pour avoir photographié leur propriété car elle fait partie des nombreuses villas, surtout dans ce genre de rue cossue en impasse, qui porte la mention « ARMED RESPONSE ».

Plusieurs voisin-es de Buckaroo ont des boîtes aux lettres en forme de chalet assez travaillées.

Il y a, en sus de armed response, un autre aspect « fin de la civilisation » dans cette zone de SM sur les collines, que j’avais déjà observé lors d’un footing. J’ai déjà parlé des très hauts escaliers que l’on trouve un peu partout à L.A., eh bien le plus long que je connaisse est ici, à SM, et des gens s’y entraînent : vous les voyez parvenir au bas de l’escalier, ils font demi-tour et remontent. Je me suis arrêtée un moment pour assister à leur ballet haletant et j’ai compris. Ils font des hauteurs, comme des longueurs à la piscine ; ils suent, ils se bousculent presque par endroits tant ils sont nombreux à monter et descendre, ils portent des bouteilles d’eau. (Digression : à L.A., la plupart des gens marchent sans sac, avec seulement un téléphone et une bouteille d’eau ou, le plus souvent, une gourde, qu’ils tiennent à la main par un anneau.) J’ai réussi à voler une photo dans un moment sans embouteillage.

Grand bien m’a pris de faire cette promenade car elle m’a aussi donné l’occasion de trouver SM un peu moins rebutante quand j’ai constaté que, comme en Belgique quoique dans un registre très différent, on n’y hait pas les dimanches. Dans Palisades Park, sur la colline en surplomb de la plage, des familles de toutes les couleurs s’installent pour la journée avec des tables pliantes, y disposent une nappe et un buffet, ensuite de quoi les enfants jouent et les adultes papotent, les chiens essaient en vain de choper des écureuils. Les gens se prélassent sur les pelouses sans risque car écoutez-moi bien, il n’y a pas de crottes de chien sur les pelouses de Californie, ni sur les trottoirs ni nulle part : les gens les ramassent. J’en ai vu une seule en 13 jours, près du réservoir de Silverlake. J’apprécie quand même le fait d’être dans un lieu où l’on voit plus de colibris que de déjections canines, ça change. On était mieux là-haut cet après-midi que sur la jetée, où 17 millions de personnes testaient la solidité de l’ouvrage – sur cette photo, on les devine qui grouillent.

Un groupe, Diane Hubka & The Sun Canyon Band, jouait des morceaux très réjouissants, qu’un public divers écoutait assis sur des chaises pliantes ou en dansant sur place ; avant une pause, Diane a rappelé que le groupe était là tous les dimanches. Quant au centre-ville, il est très vivant le dimanche – les magasins sont tous ouverts, il y a des concerts dans la rue piétonne qui m’a rappelé celle de Lens dans les années 80 (Art déco, très animée). Des gens regardent des gens jouer aux échecs avec des pièces géantes. Quand je suis repartie vers l’est, le sans-abri pour qui je m’inquiétais hier (et encore ce midi, il était toujours au même endroit, à même le sol, cette fois chaussé) faisait des pompes.

Je suis ressortie, comme chaque soir depuis mon arrivée, pour assister au coucher du soleil. Malgré les nuages, il était très beau, cette fois encore.























































































