Los Angeles, jour 1

Je préparais mon voyage à Los Angeles depuis des mois ; je suis partie avec un manuscrit de 373 pages, plus de 500 repères sur mon GPS et un forfait spécial États-Unis pour pouvoir (notamment) utiliser ce dernier. Malheureusement, mon téléphone ne fonctionne pas ici, ce qui est très handicapant dans une ville de 1200 km² où l’on est seule et piétonne. Ce matin, dépitée, j’ai décidé que ce voyage serait mémorable quoi qu’il en soit et je suis partie à l’assaut du panneau Hollywood – soit une marche de 23 km, dont les deux tiers dans les collines (par endroits bien escarpées) sous un soleil de plomb.

(à une certaine hauteur, on n’entend plus que les oiseaux et quelques hélicoptères ; la rumeur de la circulation ne nous parvient plus)

J’ai pris des photos des lieux où se passent des scènes de mon roman à Bronson Canyon pour pouvoir finir d’écrire une scène restée en pointillés, après avoir étudié de plus près la topographie – j’ai découvert à cette occasion que la scène du tremblement de terre dans Short Cuts n’est pas fidèle à celle-ci. La Bronson Cave est condamnée, ce qui en fait m’arrange pour ma fiction.

J’ai vu des dizaines de faucons,

de geais buissonniers de Californie qui, quand ils volent au soleil, brillent comme des martins-pêcheurs,

des écureuils

et le premier coyote de mon séjour (trop rapide hélas pour que je puisse le prendre en photo). Et aussi, j’ai vu un jeune homme (un Indien de Bengalore arrivé à L.A. il y a trois jours) descendre en courant un chemin étroit qui sinue dans le chaparral ; il était terrifié au point qu’il avait du mal à respirer : il venait de croiser un serpent à sonnettes, un petit qui s’est dressé en position d’attaque à son approche. Il dit avoir aussi vu des crottes de puma (pour mémoire, les pumas mangent en moyenne trois ou quate personnes humaines par an à Los Angeles). Les collines de L.A. ne sont pas un endroit où je risquerais le hors-piste, personnellement.

Puis nous sommes arrivé-es au sommet, derrière les lettres blanches ; plusieurs autres personnes étaient là, sans doute d’autres cinéphiles. On a beau les avoir vues des milliers de fois au cinéma, approcher les lettres de si près reste un choc.

(en arrière-plan, on devine le Griffith Observatory et la modeste skyline de Downtown noyée dans le smog)

Aujourd’hui, des grilles empêchent l’accès aux lettres ; ça n’a pas toujours été le cas. Dans quelques films, on voit des personnages s’en approcher (d’ailleurs Peg Entwistle n’est apparemment pas la seule personne qui se soit suicidée en sautant du haut du H, en 1932 dans son cas – les lettres font 15 m de haut). Ci-dessous, une image de Hollywood 90028 (1973), excellent film de Christina Hornisher. (Je parlerai un jour de ma captothèque. J’ai commencé il y a un peu moins d’un an à collectionner les film stills, également dans le cadre de mon projet L.A. ; j’en ai aujourd’hui un peu moins de 700 ; parfois je passe les images en revue et c’est merveilleux.)

Et la ville est luxuriante, c’est une explosion de fleurs de toutes les formes et de toutes les couleurs, d’arbres énormes dont les racines soulèvent les trottoirs (du moins est-ce le cas à Los Feliz). Je chercherai leurs noms – du moins d’une sélection : si je m’arrêtais chaque fois que j’en vois une nouvelle essence, je n’avancerais pas…

Et pour finir, ce motel sur Hollywood Boulevard :

Giornale di bordo

Merci à Agnese Maria Fortuna de m’avoir invitée à écrire dans sa revue très classe, Giornale di bordo, di storia, letteratura ed arte – que l’on peut commander ici si on lit l’italien. C’est également elle qui a traduit ma dystopie L’habitat nouveau. Double merci, donc…

MATERIAL

Le 13 février paraîtra MATERIAL sur mon label Permanent Draft. Il s’agit d’un bel objet hybride, un vinyle avec un livret mais aussi des photos que l’on peut repositionner. La musique est d’Aude Van Wyller (plus connue sous son pseudo Oï Les Ox), les photos de Christine Pont, la poésie de l’Australienne Lucy Van et le design de la New-yorkaise Kyla Arsadjaja. Pour en savoir plus, c’est ici. Il y a maintenant deux semaines, je me rendais à Londres pour assembler ces albums avec Valentina et Christine dans les locaux de notre fabuleux distributeur, state51. Merci à Louise Mason pour les photos ci-dessous.

Il Manifesto

Merci infiniment à Lucrezia Ercolani pour cette interview dans le numéro spécial Nouvel An du magazine italien Il Manifesto ; on peut la lire en ligne ici, un simple clic et on a la traduction… Me voici sur la même page que mon héroïne Jenny Hval 🙂

LYL Radio

Pour mon mix du Nouvel An, que l’on peut écouter ici, j’ai fait une sélection de morceaux sortis en 2025 car, même si cette année a été terrible pour la plupart d’entre nous, les non-dominants, il y a eu de la beauté malgré tout – dans la musique, les paysages, l’amitié, etc. Je serais ingrate si je ne disais pas combien je suis reconnaissante à 2025 de m’avoir envoyé quelques anges, dont une amie telle qu’on n’en rencontre que deux ou trois dans une vie, une complice de chaque instant, qui met de la lumière dans ce monde si dur. Je vous souhaite à tou-tes une bonne année 2026

A l’honneur dans Basta Now, cette fois, une autre de mes amies, Sabina Leone, qui se produit sous le nom d’Héloïse et dont le tubesque Rubbish Rubbish achève le mix sur une note d’espoir et de rébellion.

BASTA NOW: LUCKY NUMBERS

my friend says this is a universal year 1
she knows about new cycles new moons bright mornings
and I believe everything she says cause
it keeps me warm keeps me hoping keeps me dancing
in the twilight of our civilization
I wish all of you non-dominants a friend like mine
a happy new year and a lucky number

AYLU – Cometierra
BRIDGET FERRILL – Domschatzkammer
MAUD ZEINOUN – Oublie
MARIOLINA ZITTA – Concert for bats – Sonorous serpentine stones, bat calls, voice overtones, shingle, stalactites, brook
ZAHRA HAJI FATH ALI TEHRANI – My Hole Self
ELIANA GLASS – Good Friends Call Me E
HILARY WOODS – Taper
SILVIA TAROZZI – Code
SUSANNAH STARK & BAND – Mu choinneamh, ri taobh (feat. Cinderflame)
CHE VUOI – Le Petit bandonéoniste
OHYUNG – Crush
LIA KOHL – My Kitchen, Chicago
KARA-LIS COVERDALE – Boundlessness
HELOÏSE – Rubbish Rubbish

Revue & Corrigée

Le dernier numéro de Revue & Corrigée est arrivé. À l’honneur ce trimestre dans ma chronique « Brouillon Permanent », Sissel Vera Pettersen, Randi Pontoppidan, CTM (Cæcilie Trier Musik), Sissi Rada, Meriheini Luoto, Berlinde Deman, Claire M Singer, IKI (ensemble composé de Kamilla Kovacs, Anna Mose, Randi Pontoppidan – encore elle -, Johanna Sulkunen, Guro Tveitnes) et Bridget Ferrill.

COMMENT SE PROCURER R&C ?

1/ Par abonnement (ici) : c’est la voie royale, qui permet, à vous, de recevoir la revue dès sa sortie, et à nous de la publier :

Tarifs 2025 pour 1 an/4 numéros, port compris pour la France : 25 euros

2/ Au numéro (7€), dans nos points de vente attitrés : Souffle Continu et Librairie Parallèles à Paris ; Intra-Musiques à Strasbourg ; Le Bal des Ardents à Lyon ; La Cave 12 à Genève.

3/ Au numéro, dans toutes les bonnes librairies (comme au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo ou au Monte-en-l’air à Paris ; Les Modernes à Grenoble ; Autour du monde à Metz ; Préférences à Tulle ; Filigranes à Bruxelles ; Humus à Lausanne etc.). Si votre libraire ne l’a pas, il peut le commander pour vous.

4/ Au numéro toujours, en le commandant en ligne aux Presses du réel.

Boomkat charts

Cette année encore, Boomkat m’a fait l’immense honneur de me demander mon top 10 des albums parus en 2025 – je dirais à vue d’oeil que nous sommes une centaine à participer. Merci Shlom de m’avoir incluse. J’ai d’abord fait une liste de 117 albums (uniquement de femmes, personnes trans et non-binaires) puis je l’ai réduite à 37 (nombres premiers forever), non sans douleur car j’ai dû laisser de côté un certain nombre de splendeurs. Pour voir tous les charts, c’est ici

Mon top 37 :

Jenny Hval, Iris Silver Mist

Meriheini Luoto, Talven uneen vaipuen

Elizabeth Davis, There’s Always a Strawberry Hut

IKI, BODY

Berlinde Deman, Plank 9

tangent mek, IMMUTABLE TRAVELER

Claire M Singer, Gleann Ciùin

Catu Diosis, Anyim

Carla Boregas & Anelena Toku, Fronte Violeta

Valby Vokalgruppe, Solids For Voices

Suzan Peeters, Cassotto

Marina Mello, Deságua

Karen Willems, A Fool’s Guide to Reality

Bridget Ferrill, Domschatzkammer

Mariolina Zitta, Concert For Bats, Voices And Natural Sounds

Kara-Lis Coverdale, Changes in Air

Héloïse, Rubbish Rubbish

Ethel Cain, Perverts

Yaz Lancaster, After

Marie de la Nuit, Transportées

Iko Chérie, Soft Centre

Dania, Listless

Sofie Birch & Antonina Nowacka, Hiraeth

Katie Porter, Conversation No. 1 / Collecting Rocks from the Places We’ve Been

Hilary Woods, Night CRIÚ

Content Provider, Endless Summer

Khushboo Jain, I just don’t want to give up

Tati au Miel, Tati au Miel

Violeta García IN/OUT

Delphine Dora & Ayami Suzuki, Kagome Kagome

ARBORE, Aboyer au mauvais arbre

Sixsixsevenfortyseven, Wounded Dogs

Claire Rousay, A Little Death

Concepcion Huerta, El Sol de los Muertos

Sara Persico, Sphaîra

Aylu, Fobia

Eliana Glass, E

Rubbish Rubbish

J’ai noué des liens amicaux avec certain-es musicien-nes autour de Basta Now – soit qu’iels y aient figuré depuis le début soit qu’iels aient rejoint mon recensement après m’avoir écrit, quand je ne les avais pas encore croisé-es au cours de mon incessante veille. Il y a quelques mois, mon amie Sabina (qui se produit sous le nom d’Héloïse) m’a demandé si j’accepterais d’écrire les notes de pochette de son EP Rubbish Rubbish. J’avais eu l’occasion de l’écouter en avant-première et avais suggéré le label CAF?, qui avait décidé de le sortir ; il semblait donc logique d’être en quelque sorte la marraine du EP. Ainsi, une boucle était bouclée puisque, comme je le racontais ici, c’est Sabina qui a recommandé Permanent Draft à Karen Willems, dont nous avons sorti un album cette année. Si je suis marraine de son EP, Sabina est par ailleurs devenue celle de Basta Now rouge puisqu’elle a tenu à me rémunérer pour ce petit texte – ce qui m’a aidée à rémunérer notre graphiste. Pour lire mes notes de pochette, écouter Rubbish Rubbish et vous le procurer, c’est ici.

Voici le clip du titre éponyme. Les premières images rendent à Basta Now un hommage qui m’a beaucoup émue.

Basta Now 2

Cette version augmentée (80 pages plus épaisse que la première édition) comprend une liste de 3 867 noms, des listes et discographies étendues, ainsi que des chapitres mis à jour mais, je tiens à le préciser, pas de nouveau chapitre. Il s’agit d’une édition limitée de 500 exemplaires. On peut commander le livre ici mais je veux attirer votre attention sur le fait qu’une nouvelle taxe exorbitante sur les commandes depuis l’étranger, Europe incluse, est désormais collectée directement par les facteur-ices ; je l’ai constaté quand j’ai reçu des cadeaux d’ami-es (si c’est 10€ la cassette et 14€ le vinyl, je ne veux même pas savoir ce qu’un livre de plus de 500 g peut coûter). Alors quoi ? Alors faites pression sur vos disquaires et librairies préférés pour qu’ils les commandent…